|
Né au Lac St-Jean, au milieu des années 60, je suis issu d’une famille d’origine modeste. Cette famille avait une richesse : une grande sensibilité à l’art graphique et valorisait les hautes études. Un père « patenteux », un oncle peintre, de grandes tantes religieuses professeurs de peinture, tous ont certainement eu, quelque part, une influence sur moi. Ayant un accès privilégier à l’atelier de peinture de mon oncle Jean-Guy, j’ai développé très jeune une sensibilité à l’expression artistique. Malheureusement, en 1973, mon oncle nous a quittés, trop tôt. À 7 ans, j’ai hérité, presque par forfait, d’objets étranges dont l’utilité m’était complètement inconnue. Inconnue aussi pour le reste de ma famille, d’où leur désintérêt… Quelques années plus tard, au secondaire, je me suis inscrit dans mon premier cours de photographies, car c’était ce qui me semblait le plus proche d’une matière artistique. En entrant dans le laboratoire photo, j’ai compris que l’héritage étrange de mon oncle était en fait un agrandisseur photo avec tous les accessoires utiles à un labo. J’ai donc pu mettre en application, dans un étroit garde-robe dans la chambre abandonnée de mon défunt oncle, ce que j’apprenais à l’école. En parallèle, mes études allaient très bien, au grand plaisir de mes parents, mais j’étais constamment tiraillé entre l’art et la science. Je suis arrivé à Québec en 1983 pour poursuivre mes études universitaires. J’ai finalement opté pour une carrière en architecture, domaine qui, me semblait-il, m’offrirait le compromis acceptable entre mes deux pôles d’intérêt. L’architecture a pris de plus en plus de place dans ma vie. Ce domaine a façonné en moi un goût pour l’esthétisme épuré de volumes baignés dans une lumière abondante. À l’opposé, mon laboratoire sombre et sa chimie m’incommodaient de plus en plus. Par divers autres aléas de la vie, j’ai dû délaisser, il y a 8 ans, la photographie. Aujourd’hui, l’amour de ma vie, mes enfants et ma passion pour cette belle ville qu’est Québec ont fait en sorte que je m’imagine mal demeurer ailleurs. J’y suis, j’y reste!! Mon humble carrière en architecture m’apporte beaucoup de satisfaction, mais, je dois l’avouer, elle a pris une tournure beaucoup plus technique que prévu. Grâce à la photographie numérique, il n’est plus nécessaire de s’enfermer de longues heures, isolé du reste du monde, dans un local aux odeurs vinaigrées, à la lueur ténébreuse d’une sombre ampoule jaune! La photographie n’est-elle pas affaire de lumière! Un retour à ma passion est maintenant possible, sans les contraintes qui m’accablaient!! Alors voilà où j’en suis maintenant…
|